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 Panique entre les étals [Libre !]

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Serhan Sybial
Prince des Voleurs
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MessageSujet: Panique entre les étals [Libre !]   Mar 21 Sep 2010, 23:19


  • Un aigle passe, haut dans le ciel d'Ashgabad, survolant les tours titanesques de cette ville splendide dans un cri royal et long, déchirant en cet instant l'agonie d'un silence trop longtemps prolongé. Pendant un moment encore, son ombre plane, chasseresse, au dessus de la ville, repérant certainement son repas à venir. Derrière un dôme il disparaît, dans un éclair il réapparait, silencieux et furtif, son œil surveille les rues, avant que dans un simple battement de ses ailes puissantes, il se retire pour des lieux plus prometteurs...


  • En tout cas, moi, je n'ai pas l'intention de lâcher prise si facilement. J'émerge de mes réflexions célestes pour me replonger avec humeur dans des pensées plus pragmatiques. Je regarde Sawsen, qui fait mine de rêvasser sur un petit muret à quelques mètres de moi. Elle regarde sur sa droite et je ne peux voir son visage, caché par sa magnifique chevelure noire. Elle porte des vêtements sombres laissant transparaître les formes de son corps parfait, mais surtout choisis pour être à la frontière entre l'utile et le beau. Son but est à la fois de plaire, de passer inaperçu, et surtout de pouvoir fuir lestement et prestement s'il le faut. Elle tourne la tête vers moi et un sourire étire ses lèvres fines. Ce dernier me réchauffe le cœur et m'enhardit, me rassurant sur la suite des évènements ; je le rends donc avec plaisir à son propriétaire, à qui, j'en suis sûr, il n'a pas vraiment eu le temps de manquer.


  • Le coup que nous allons tenter aujourd'hui est relativement gros. Nous avons cet avantage que nos visages ne sont pas connus dans les parages, mais je suis tout de même anxieux. Et si jamais quelque chose clochait ? Mon regard se détourne de ma belle et vient se poser sur un autre membre de la bande. Dalil. Il est si intégré à la foule que j'ai eu du mal à le repérer. Il la sillonne comme si elle faisait partie intégrante de lui, et non l'inverse. Les gens semblent s'écarter légèrement pour lui laisser juste la place de passer à l'endroit où il le veut, et cela sans même s'en rendre compte et dans la plus grande discrétion. Il s'arrête parfois devant quelques étals du marché, mais la plupart du temps, il est en mouvement permanent. Il me jette un regard et me fait un sourire discret, me faisant un petit coucou de la main. Je peux ainsi admirer un nouvel ornement de son annulaire gauche, une superbe bague certainement dérobée comme beaucoup d'objets au sein de cette foule. Il n'a pas son pareil pour délester les gens de leurs biens les plus précieux. Je me doutais bien qu'il ne pourrait s'empêcher de commencer à pêcher quelques menus fretins avant que la véritable chasse ne soit ouverte, mais j'avoue être toujours surpris par l'habileté de ce jeune homme, qui n'est pourtant pas né à la Cour des Ombres.


  • Personnellement, je suis appuyé contre un mur, jambes croisées, faisant mine d'attendre quelqu'un. Je suis habillé de manière assez riche, avec pas mal de dorure, quelques bijoux d'ivoire, et de la soie de qualité finement brodée. Mon but à moi n'est pas d'être discret, c'est justement de capter l'attention. Après quelques autres regards à droite à gauche, je constate que toute la bande est là, sur le qui-vive. Tous attendent le signal, que je suis le seul à pouvoir donner, mais pour cela, il faut d'abord que notre proie fasse une erreur. Tout le monde fait des erreurs, et si celle-ci n'en fait pas, je l'obligerais à en commettre une. Ce coup là, mes amis, restera longtemps gravé dans les mémoires.

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Aaliyah Zeïrah
Petite Marchande d'Épices
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MessageSujet: Re: Panique entre les étals [Libre !]   Jeu 23 Sep 2010, 20:00


    - Elles sont belles épices, venez, approchez ! Elles sont belles, elles sont bonnes !

  • Crieuse au bazar. Voilà bien le seul rôle qu’Assïa assurait dans la gestion de la boutique, sans qu’on le lui ait demandé. Et au milieu de la cacophonie étourdissante qui caractérisait le marché d’Ashgabad, la voix fluette de l’adolescente était à peine audible, ce qui ne l’empêchait pas de continuer à hurler de plus belle, martyrisant les oreilles de son ainée qui attendaient avec impatience le moment où elle se lasserait et s’en irait, comme à son habitude, courir le souk avec l’une ou l’autre de ses amies venue la chercher.

  • Et ce moment est enfin arrivé. Surgie d’on ne sait où, une gamine d’une quinzaine d’année vient de passer à toute allure devant l’étal, emportant Assïa dans son sillage, avec la bénédiction des pauvres organes auditifs de sa sœur.


  • Enfin seule. Dans sa bulle, la jeune femme savoure le soudain silence. Silence bien relatif au vu de la foule de gens qui se pressent de toutes parts entre les échoppes. Soudain un cri rompt le fragile équilibre sonore qui semblait subsister jusque-là. Une grosse femme là-bas, ne cesse de répéter qu’on l’a volée, que l’une des plus belles bagues de son présentoir a disparu. Un bref vent de panique souffle sur la masse des vendeurs avant qu’un jeune homme ne trouve l’objet du délit présumé tombé à terre, sous le drap cachant l’étal et la rende à la vendeuse. Des plaisanteries fusent. Et le sauveur se voit offrir une moindre bague en remerciement de ses services, ce qu’il refuse élégamment avant de s’en aller dans la foule.

  • Sans s’arrêter de servir ses nombreux clients, leur glissant au passage un mot quant à la qualité de telle ou telle épice ce jour-là, Aaliyah s’applique à ne pas perdre du regard ce pseudo-bienfaiteur, qui s’éloigne peu à peu, se frayant un chemin avec une facilité impressionnante. Une facilité qu’elle qualifierait de reconnaissable. Une telle démarche, une telle fluidité, il semble se glisser au travers de la foule sans la moindre difficulté, tel un poisson évoluant dans une eau épurée. Néanmoins, la scène qui vient de se dérouler était difficile à observer depuis sa place, elle ne sait s’il s’agit réellement de celui auquel elle pense.


  • Soudain, une main sur sa gauche attire son attention, dérobant prestement l’un des colifichets étalés par son voisin qui ne se rend compte de rien. La manœuvre précédente était habile, désormais la menace d’un vol risque d’être tournée en dérision sur toute la longueur du bazar. Le propriétaire de ladite main lui adresse un sourire moqueur doublé d’un léger clin d’œil. Dalil. Il sait qu’elle ne dira rien. Elle a déjà couvert Amalya pour lui permettre de rejoindre le jeune homme, ce n’est pas pour le faire prendre maintenant, d’autant plus que celui qu’il vient de délester est un charlatan aux yeux d’Aaliyah qu’il est venu, à ses risques et périls, importuner récemment pour lui vendre une pacotille quelconque.

  • Mais tout comme lui sait qu’elle ne le dénoncera pas, elle est maintenant sûre de trois choses. La petite scène de tout à l’heure pourrait bien ressembler à une fort habile diversion, la présence en ces lieux du jeune voleur confirmant ses soupçons précédents. Elle est également au courant qu’il ne tentera pas de la voler, lui devant bien trop par ailleurs. Et qu’enfin, sa bande est très certainement disséminée dans la foule, attendant l’instant propice pour agir et que l’amitié de Dalil ne suffira pas à la prémunir contre l’un de ses complices. Un instant, elle regretta le départ de sa sœur, qu’elle aurait pu faire taire facilement en somme, tout en lui demandant de garder un œil sur l’étalage tandis qu’elle-même se charge de diverses préparations. Maudissant l’incapacité de sa cadette à se rendre utile, l’ainée des Zeïrah continua sa tâche, s’attardant à repérer quelques visages à même de se révéler une menace pour ses marchandises, néanmoins plus à l’abri que toutes sortes de bijoux et autres ornementations.

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Serhan Sybial
Prince des Voleurs
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MessageSujet: Re: Panique entre les étals [Libre !]   Mar 05 Oct 2010, 21:34


  • Serhan disparut derrière un rideau. Il venait de recevoir un message. En réalité, quelqu'un depuis un balcon donnant sur la rue venait de lui faire un signe, discret. Le convoi approchait. Il était temps pour lui d'entrer dans la danse. Il réapparut quelques minutes plus tard un peu plus loin, dans la rue, pour faire son entrée en scène.


  • Vêtu tel un émir, il s'approcha d'un étal richement décoré. Il s'agissait là de bijoux d'une rare qualité qui semblaient tous plus beaux les uns que les autres. Il complimenta le marchand et entra en grande conversation, à voix forte, avec lui, pour s'enquérir de la provenance de ces bijoux et du travail de sculpture exceptionnel exécuté pour en faire de tels joyaux. Après quelques minutes, lorsqu'il fut sûr d'avoir suffisamment attiré l'attention sur lui, cet homme aussi riche qu'inconnu qui semblait plus intéressé par le bijoutier que par ses bijoux décida d'acquérir l'une des plus belles pierres taillée, une bague sculptée dans un rubis d'un rouge très vif et très pur représentant une rose d'une infinie beauté, laquelle il avait simplement décrite comme "pas déplaisante à contempler". Le marchand, quelque peu surpris et pensant que le jeune homme ne savait pas de quoi il parlait, lui annonça le prix d'un air désolé.


  • Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le jeune homme s'insurgea à voix forte qu'un tel prix, pourtant excessivement élevé, était littéralement du vol, et qu'il voulait lui en offrir au moins le double pour féliciter son œuvre et son travail. Beaucoup de gens s'étaient déjà arrêté pour regarder d'un air surpris ce vizir inconnu d'une générosité simplement anormale. Beaucoup pensèrent alors que c'était une blague, qu'il bluffait et allait abandonner en riant d'une seconde à l'autre, mais ceux-là furent d'autant plus surpris lorsqu'il sortit de sa poche un petit sac qu'il tendit au marchand. Ce dernier l'ouvrit d'une main tremblante, n'en croyant ni ses oreilles ni ses yeux, et fit rouler dans sa main quelques unes des pièces d'or sonnantes et trébuchantes que contenait la petite sacoche. Il en saisit une et l'examina avec attention, avant de demander à l'un de ses amis de le rejoindre. Celui ci affirma ses dires, les pièces étaient véritables.


  • Le jeune homme, qui s'impatientait désormais et que ce manque de confiance et cette incrédulité semblait rendre furieux, leur demanda s'il pouvait enfin prendre la bague, et il leur dit en partant qu'il était outré par leur réaction. Il s'éloigna alors de sa démarche princière, semblant ne pas remarquer le moins du monde les nombreux gens qui s'étaient arrêtés pour regarder la scène. Les rumeurs circulant vite au sein de la foule d'un bazar, l'identité de cet homme devint rapidement l'un des principaux centre d'attraction de nombre de gens. Le marchand, lui, vérifiait encore le contenu de la sacoche, et ne pu que certifier que le jeune homme n'était pas un truand. Cependant, alors qu'il vérifiait ses pièces, son attention ainsi que celle de ses deux gardes s'étaient légèrement relâchée, de par le bonheur de l'affaire qu'il venait de faire. Il ne se rendit pas compte que c'est à ce moment là que plusieurs des plus belles pièces de sa collection s'évanouirent dans les manches d'un habile magicien qui examinait les bagues depuis déjà un certain temps.


  • Mais leur coup ne se limitait pas à truander un peu un marchand de passage, ils avaient nettement plus de volonté, et ceci n'était qu'une étape nécessaire sur le chemin de la réussite. Ainsi Serhan continua de parcourir divers étals, continuant de se faire remarquer, en faisant toutefois moins de folie. C'est alors qu'il s'arrêta à l'étal d'une marchande d'épice qu'il toisa d'un peu haut, bien que les deux jeunes gens aient à peu près le même âge.

  • " Bonjour, mademoiselle. Je suis un peu surpris, je ne vous le cache pas, de voir qu'une femme de bientôt mon âge, seule, s'occupe d'un tel étal. Comment cela est-il possible, dites-le-moi ? "

  • Il désigna ce disant le vaste tréteaux d'épice diverses se tenant devant ses yeux. Sa surprise, à dire vrai, était totalement simulée. Il la connaissait de réputation, au moins par Dalil. Il fallait l'avouer, il avait bel et bien une idée derrière la tête. Elle aussi n'était qu'une étape de son Plan.

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Aaliyah Zeïrah
Petite Marchande d'Épices
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MessageSujet: Re: Panique entre les étals [Libre !]   Lun 11 Oct 2010, 20:46

  • Tout cela ne disait rien qui vaille à la jeune marchande. Ce ne ressemblait que trop à l'annonce d'un gros coup pour la troupe des voleurs. Car à n'en pas douter, Dalil n'était pas seul, dissimulé dans la foule. Bien qu'il ne parlât jamais à quiconque de ses activités, ni Amalya ni elle n'ignoraient la teneur de ce petit groupe de mauvais aloi qu'il avait rejoint pour subvenir aux besoins de sa famille. Et les échos qui en revenaient avaient tout lieu d'inquiéter la jeune femme.

  • Elle restait donc méfiante, tâchant de surveiller à la fois son étal et la foule environnante, à l’affût d'un éventuel trouble. Les actions de ces bandes de voleurs étaient bien souvent furtives, à peine le larcin était-il commis que chacun s'en retournait dans les ruelles les plus sombres et quand, enfin, le vol était constaté, tous étaient déjà bien loin, à l'abri.
  • Aussi le comportement de Dalil était-il particulièrement anormal. mais le bruissement de la foule qui commentait à qui mieux mieux cet évènement fini par détourner en partie son attention. Les rumeurs, bien loin de cesser, s’amplifiaient de minute en minute. Alors que l'agitation suscitée par Dalil s'éteignait, c'était au tour d'un autre d'attirer l'attention sur lui.

  • Il était jeune, vêtu avec une richesse et une finesses incroyables dissimulant sous une mèche brune deux yeux d'un bleu incroyable. Une telle splendeur était directement comparable à celles des équipements du Sultan lui même. Il était bien rare que quelqu'un de cette qualité descende au bazar et l'homme n'en faisait que davantage sensation, attirant à lui tous les regards de la foule.

  • Tous le virent s'approcher, de sa démarche princière, d'un étal proposant à la vente de somptueux bijoux de fer forgé agrémentés de pierres précieuses. S'engagea alors un étrange marchandage dont la jeune femme n'entendit que quelques bribes, se trouvant bien trop loin de la scène pour en saisir l'intégralité, en dépit du silence attentif qui s'était brusquement abattu sur la place. Négociation qui sembla aboutir par un achat qui faillit bien tuer net le pauvre marchand qui n'en revenait pas. Puis, le richissime inconnu repris sa route au sein du bazar, la foule s'écartant révérencieusement sur son passage.
  • Il allait, marchant à une allure tranquille, prenant le temps d'examiner les étals sous le regard plein d'espoir des commerçants. Et s'arrêta finalement devant elle. Elle lui fit face, arborant son plus beau sourire commercial, tout en surveillant ses marchandises du coin de l'oeil. Un tel client potentiel était un poisson à ne pas laisser filer trop facilement. Elle se permit cependant de hausser un sourcil impertinent en l'entendant faire une remarque sur son âge.

  • - Pourquoi une telle surprise ? Mon expérience compense largement mon âge qui, somme toute, importe bien peu, ne pensez vous pas ?

  • Répondre ainsi pouvait s'avérer dangereux mais la jeune vendeuse n'était pas réputée pour avoir la langue dans sa poche et, bien loin de faire fuir les clients, la majorité d'entre eux appréciaient dans cet aplomb la petite touche piquante qu'ils espéraient retrouver dans ses marchandises. Ce qui n'empêcha pas Aaliyah de reprendre la parole le plus courtoisement possible.

  • - En quoi puis-je vous aider ?
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Dalil Therad
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MessageSujet: Re: Panique entre les étals [Libre !]   Sam 16 Oct 2010, 00:14

  • Tel un poisson dans l’eau. C’était exactement ce que Dalil ressentait à cet instant précis. Arpenter la foule, se glisser entre les gens de manières habiles et furtives, délester quelques poches… Voilà ce qui constituait le quotidien de Dalil. Pour lui, la rue est un territoire de chasse, le sable, un ami et la foule, un camouflage. Il n’avait peut-être jamais reçu d’éducation, mais sa ruse et son habilité étaient amplement suffisantes pour être un voleur renommé parmi la cour de l’ombre, au point d’être relativement du Prince des Voleurs. Un voleur qui avait plus l’apparence d’un prince de jour-là d’ailleurs. Malgré le sens de l’observation aiguisé de Dalil, qui était un précieux allié pour repérer les biens qui embarrassaient tous ces gens, ses yeux restaient river sur la parure de Serhan. Peut-être étaient-ce les pierres qui brillaient telle une constellation ou alors cette inquiétude qui lui serait le cœur avant chaque grande opération ? Certes, ce n’était pas la première et il accordait entièrement sa confiance à ses pairs, mais le risque était toujours là, planant au-dessus d’eux, tel un fléau prêt à s’abattre, un jour ou l’autre. Mais c’était son lot quotidien, peuplé parfois de bonnes et de mauvaises surprises.


  • Cependant, ses confrères de la Cour des Ombres n’étaient pas les seules personnes que le jeune prodige avait remarqué. Au milieu de tous les étalages, de la foule fluctuante et des marchands criant plus fort les uns que les autres pour promouvoir leurs différentes marchandises, une jeune fille, une amie de Dalil en réalité. S’il se permettait de se servir sur les différentes échoppes, il n’aurait jamais osé toucher aux épices d’Aaliyah : premièrement parce qu’elle lui avait permis de voir celle que le voleur considérait comme la plus belle femme d’orient, mais également parce que sa vie ne valait pas les quelques épices qu’il pourrait dérober. Puis, pas de ça entre amis, même si la tentation est forte, déformation professionnelle que voulez-vous.


  • Il ne l’avait pas remarqué tout de suite, même si sa présence ici n’avait rien d’étonnant : comme un pêcheur allant forcement chercher le poisson, la vendeuse d’épice allait chercher le client, et le bazar est l’endroit tout désigner pour le commerce. Certes, la masse de commerçant a aussi ses inconvénients : il vaut mieux avoir une voix qui porte pour espérer crier plus fort que le voisin, mais c’était ce qui rendait ce lieu animé. C’était d’ailleurs ici qu’il avait rencontré l’aîné des Zeïrah et la cadette des Talund. Une rencontre assez fortuite, un jour plutôt banal… Mais il n’eut pas vraiment le temps de repenser à cette rencontre : Serhan avait décidé d’aborder la marchande d’épice, une action plutôt curieuse. Pourquoi le Prince des Voleurs s’intéresserait à elle ? Enfin, il avait surtout peur qu’il se ridiculise face au caractère bien trempé de la jeune femme. Le jeune homme se glissa donc à travers la foule et contourna furtivement Serhan et s’adressa à Aaliyah avec un grand sourire sur un ton très naturelle :


    « Bonjour noble épicière, j’aimerais acheter un peu de sésame doré et du safran. »


  • Son sourire s’élargit tandis qu’il tendait des pièces, qu’ils avaient subtilisées en se dirigeant sur l’étal de son amie. Pourquoi il avait fait ça ? Il n’en n’avait pas la moindre idée. Peut-être voulait-il simplement rompre la routine ou tromper son angoisse.

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Serhan Sybial
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MessageSujet: Re: Panique entre les étals [Libre !]   Dim 17 Oct 2010, 20:48

  • La jeune fille répliqua sans sourciller. Peu importe le rang de son interlocuteur, elle ne gardait pas sa langue dans sa poche, hein ? Et voilà qu'à présent, Dalil débarquait à ses côtés. Pourquoi ? S'inquiétait-il ? Avait-il quelque chose à dire ? Cela ne collait pas avec le Plan. Et tout ce qui venait contredire le plan était forcément un imprévu, un risque. Ce qui était encore plus étonnant, c'était qu'il s'agissait de Dalil, et qu'il faisait mine de ne pas la connaître. Pourtant, ils se connaissaient. Malgré tout, Serhan ne se laissa pas déstabiliser et continua de parler, décidant tout de même d'abréger son discours.

  • " Eh bien, plus que de paroles, c'est d'actes dont j'ai besoin pour juger si cette expérience est digne de son nom ! J'ai besoin d'un peu de Fenugrec, pour une préparation de curry, pouvez vous m'en procurer dans des quantités raisonnables ? J'en ai besoin, et je cherche de la qualité, c'est pour un dîner important. "

  • Serhan lui souri, puis regarda un peu autour de lui. La cible approchait à grand pas. Son excitation était à son comble mais il tâcha de la cacher derrière un masque de glace. Il devait désormais finir l'échange exactement au bon moment, d'ici très peu de temps. Le timing était important et il ne fallait strictement rien rater de son effet.


  • Tout cela était-il nécessaire ? Est-ce que toute cette préparation apporterait beaucoup au Plan ? Est-ce que ce n'était pas pure perte de temps et grosse prise de risque pour un effet minime ? Il n'en savait rien. Il ne savait même pas si son plan réussirait. Tout allait se jouer sur quelques secondes, quelques réactions, quelques mots. Pour cela, Serhan était stressé. Il essayait de n'en rien laisser paraître, bien sûr, mais il n'était pas habitué à cacher ses émotions. Serhan était quelqu'un de franc, qui riait quand il avait envie de rire, qui tremblait quand il avait peur, et qui jubilait quand il gagnait.


  • Aujourd'hui ruisselait en lui comme un mélange d'impatiente et d'anxiété. Ses yeux bougeaient un peu trop rapidement dans leurs orbites, révélant l'adrénaline qui coulait déjà dans ses veines. Ses paroles, qu'il cherchait suaves et hautaines, avait cet air aigu qui transpire la crainte de l'erreur. Ses yeux étaient habités de cet espèce de regard vide qui laisse apparaître que derrière ce que l'on est en train de dire et de faire, on réfléchit à toute allure. Pourtant, et heureusement pour lui, ces caractéristiques de son anxiété pouvait aussi se prendre comme une certaine hâte dissimulée. Ainsi, quand la vendeuse lui fit un petit signe de main comme pour attirer son attention à nouveau, alors qu'il fixait une fenêtre derrière elle, espérant y trouver le reflet de sa cible, il s'excusa et chercha à dissimuler son anxiété derrière un léger :

  • " Excusez ma légère absence. J'attend quelqu'un, un rendez-vous important, et je suis un peu ailleurs. "

  • C'était en grande partie la vérité, et c'est peut-être cela qui fit que cela sonnait si juste. Cependant, tout du long, il ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi. Ce vol, cette attaque même, si elle pouvait encore améliorer de beaucoup l'amplitude et la force du royaume des voleurs, améliorerait-elle sa vie à lui ? Tout resterait pareil, n'est-ce pas ? Les voleurs resteraient des voleurs, la précarité de leur existence ne trouverait pas plus de but, leurs mensonges et leurs fausses courbettes n'en deviendrait pas moins désagréables. Enfin, ses ennemis ne deviendraient pas ses amis, que ce soit chez les voleurs ou chez les riches... Non, rien ne changerait vraiment, sinon le respect que certains voleurs lui accordait. Serhan le savait, il était méprisé de bien des siens, qui le jalousaient d'être l'héritier de son père, et qui l'estimaient être trop faible pour régner. Il était difficile de se faire un nom et d'avoir la confiance des autres quand on prenait ainsi le gouvernement par l'hérédité, et Serhan voulait à tout prix avoir cette confiance pour le jour où son père décéderait. Sinon, s'il n'était pas un exemple à suivre, si tous ne le considéraient que comme le gamin qui a toujours vécu dans l'ombre de son père, il avait beau avoir un génie, il ne survivrait pas longtemps, ce jour venu.


  • Avec ce coup là, ils changeraient certainement d'avis. Il leur montrerait qu'il était capable de grandes choses, au moins autant que son père, qu'il était lui aussi un leader, un homme à suivre. Mais il ne fallait pas qu'il échoue. Il ne fallait pas qu'il se ridiculise publiquement, car alors, ces derniers le prendraient encore moins au sérieux qu'avant, de vouloir tenter un grand coup sans être sûr qu'il était prêt. Il n'avait pas annoncé son coup pour cette raison. Il ne voulait pas qu'on le prenne pour un crâneur qui au final n'est capable de rien. Non, il savait qu'il en était capable, mais à présent, il fallait passer à l'acte, et ce n'était pas si facile que sur le papier. Il fallait que tous se passe bien.


  • Mais ils y parviendraient, sa bande et lui. Ce soir là, ils ramèneraient à la Cour des Ombres un nouveau génie, rien de moins.

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